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CARPE DIEM KINESIOLOGIE

De la difficulté du JE

Je plonge au cœur de mon nouveau métier, tout beau, tout neuf, dont le diplôme a tout juste fini de sécher.

Par l’essence-même de ce qui sommeille tout au fond de moi, je suis une main tendue, une écoute attentive, un regard bienveillante, une parole de réconfort ou une source d’éclat de rire.

Mes clients très patients attendent une aide secourable. Cette requête est bien légitime. Mais…

Quelle difficulté est la leur de prendre la responsabilité de leurs actes, de leurs paroles, de leurs décisions, de leurs choix,

Quelle incapacité à dire JE, et quelle facilité à dire IL ou ELLE pour mettre la cause de son inconfort sur son autre, son double, sa moitié, son enfant, son voisin, sa mère…

Mais d’où vient donc cette propension à mettre la faute sur le dos des autres et à se décharger de sa propre responsabilité ?

Lorsqu’un drame arrive, il semble très humain de chercher le coupable à tout prix, et si possible de demander qu’on le pende haut et court. Cependant, prenez le temps de regarder le petit enfant qui apprend à marcher, il se hisse, titube, trébuche, tombe et s’écorche le genou. Il pleure. Il pleure parce qu’il a mal et demande de l’aide, pas parce que le sol caillouteux lui a sauté contre le genou… Le petit enfant garde sa propre responsabilité : JE suis tombé, JE me suis fait mal.

Plus tard, il apprendra que l’amour inconditionnel et indéfectible de ses parents peut lui apporter la satisfaction vengeresse : Mon frère m’a pris mon jouet, je hurle pour donner l’alerte, non pas pour récupérer mon jouet, mais pour que mon frère soit puni. IL a prit mon jouet, IL me rend malheureux, donc IL doit être puni…

Et là l’enfant, par son éducation, par la présence aimante et parfois surprotectrice de ses parents, commence à apprendre la déresponsabilisation : Ce n’est pas moi, c’est l’autre.

Ainsi, lorsque mes clients très patients me racontent que leur femme est détestable, que leur belle-mère les rend fous ou que leurs enfants leur mènent la vie dure, je leur propose une reformulation en « JE », ne serait-ce déjà que pour prendre la responsabilité de leur propre ressenti. « J’ai de la peine à supporter les cris de mes enfants », « JE deviens irritable quand ma belle-mère m’accable de ses sempiternels reproches », « JE m’interroge sur ce que je ressens encore pour mon conjoint ».

Puis dans la foulée, je les encourage à parler en « JE », lorsqu’ils ont une remarque à faire, ainsi :

« tu m’énerves » devient « je ne supporte pas cette attitude »

« tu es méchant » devient « J’ai mal lorsque tu me dis ça »

Dire ce que l’on ressent, sans accuser l’autre d’être la cause de notre trouble ou de notre inconfort. Parce que finalement, une phrase quelconque, selon l’état d’esprit dans lequel on se trouve, peut être reçue comme un mot drôle ou comme un coup de poignard. La phrase reste la même, le ressenti change, et c’est précisément du ressenti que nous devons parler, et non accuser la phrase. Il est assurément plus simple de dire que l’autre est méchant plutôt que reconnaître qu’on est sensible… C’est aussi renoncer à sa propre responsabilité.

Bien à vous,

Valérie, thérapeute en kinésiologie

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